Le plaisir découvert pour l’un, retrouvé pour l’autre, laissa les deux adolescents dans une tendre torpeur. Ils savaient qu’ils auraient dû mettre des mots sur ce qui venait de se passer, mais, à cet instant, aucune parole n’était nécessaire. Il y avait juste la douceur et l’amour. Le sentiment que le trouble du monde ne pouvait plus les atteindre, que rien de tout ce qui s’y jouait n’avait d’importance. Eux deux primaient sur tout.
Noah découvrit une décontraction soudaine de son corps comme il n’en avait plus connu depuis trois ans, sans qu’il s’en soit rendu compte.
Marise avait renoué avec le plaisir du contact masculin sans craindre de conséquence, de devoir assumer la vie de quelqu’un alors qu’elle ne comprenait rien à la sienne. Son répit fut plus court que celui de Noah et les idées noires ressurgirent alors qu’elle entendait le cœur du garçon palpiter sous son oreille.
— Merci, murmura Noah.
L’émotion sortit Marise de ses pensées ombrageuses.
— De quoi ? lui demanda-t-elle.
— De tout. Je crois que je viens de découvrir la vie.
Un fou rire monta dans la gorge de Marie, si fort qu’elle ne put le retenir. Elle se redressa et, quand elle fut calmée, elle se retourna pour dévisager un Noah rouge comme une tomate. Aussitôt, elle fut attendrie.
— Te voilà un homme, Noah. Tu crois que ça colmate les veines ?
Noah, à cet instant, ne pouvait même pas envisager le suicide. Il ne comprenait plus pourquoi il avait tenté de fuir le monde. Enfin, si, il le savait, mentalement, par la mémoire, mais c’était comme une île que ses émotions ne pouvaient plus atteindre.
— Tiens, dit-il dans un souffle. J’ai fait la paix avec ma tentative.
Noah lui dit à quel point il se sent mieux.
À ces mots, le cœur de Marise s’emballa. Elle avait contribué à réparer ce garçon. S’allongeant à nouveau à côté de lui pour apposer un baiser près de ses lèvres, elle lui glissa :
— Tu crois que moi aussi, je pourrai faire la paix ?
Il tourna la tête vers elle et la prit dans l’étreinte de son bras et de sa jambe.
— Je t’y aiderai.