Il y avait comme une cascade qui descendait du ciel, traversait Noah de la tête aux genoux enfoncés dans la terre, puis descendait plus bas, loin sous la roche, jusqu’au magma. Elle ne mouillait pas, et pourtant, elle avait un poids immense alors qu’elle le traversait. Elle l’englobait totalement. Elle était même plus large que lui et englobait Marise.
Marise.
Ses cris étaient terribles. Ils ne provenaient pas de sa bouche mais de son cœur. Il était noir, orage. Les cris s’en échappaient comme le tonnerre. Toutefois, la rancœur restait enfermée dedans. Ces cris n’étaient en rien source d’apaisement.
Une main se posa sur l’épaule de Noah. Il n’eut pas besoin de tourner la tête pour comprendre de qui il s’agissait.
C’était la Dame.
Il sut ce qu’il devait faire. C’était évident, inné. Il tendit sa volonté vers le cœur de Marise et l’accueillit.
Un geyser en sortit, avec une bouillasse infâme, que la cascade emporta.
À chaque battement, il en sortait davantage.
Noah faisait tout pour tenir sa place et laisser passer tout cela sans prendre sur lui.
La surprise s’estompa peu à peu et il commença à discerner des bribes de pensées dans le fluide visqueux.
Elle voulait être mère. Être femme, c’est enfanter. C’est porter la vie en soi et la mettre au monde, c’est l’élever et lui donner la force d’y survivre, d’aimer et de fonder à son tour un foyer. Être femme, c’est recevoir en soi le germe complémentaire de la vie, celui qui met tout en mouvement. Être mère, c’est protéger son enfant contre tous les dangers.
Elle avait failli au rôle de mère.
Elle était indigne d’être femme.
Et cela détruisait son cœur.