Mon cher enfant, c’est chiant, hein ? De se laisser pourrir la vie par quelqu’un qu’on voudrait ne plus voir, qui devrait déjà être loin et qui pourtant occupe toutes tes pensées, tout le temps. Et pourtant, vois-tu à quel point tu es heureux quand tu penses à des sujets qui ne sont aucunement romantiques ? Comment même la seule idée de soigner quelqu’un te remet dans un confort si omniprésent que tu l’avais oublié. Par contre, il est vrai que, dès qu’il s’agit de relation sentimentale, c’est la douille. Tu veux aller trop vite en besogne. Tu n’as pas guéri cette partie de toi. Et il n’y a pas de médicament magique, pas même l’alcool. Il faut pleurer. Encore, oui. Passer par-delà la colère, l’humiliation, la honte que tu ressens. Ces sentiments ne font aucun écho à qui tu es, au fond de toi, seulement à la couche de concepts qui t’ont été imposés. Et c’est difficile à traverser, c’est certain. Maintenant, entre t’aider à t’égarer ou t’aider à réaliser des projets concrets pour l’humanité, mon choix est vite fait. C’est ainsi que ce qui se passe bien est aligné, et que ce qui foire ne l’est pas. Le principe est simple, sa réalisation l’est moins. Tu dois naviguer dans le brouillard de ton mental pour retrouver la lumière simple, adolescente, qui est en toi. Bien sûr, que tu trouveras une autre femme. Bien sûr, que ce sera pure joie entre deux courroux, parce que c’est une femme. Bien sûr que tu voudrais que ce soit maintenant. Mais maintenant, tu es douleur à fleur de peau, et tu ne t’es pas encore tout pardonné. Pardonne-toi de tout ce qui t’est arrivé. Seul toi peux le faire. Seul toi peux laisser sortir toutes ces émotions que tu gardes enfermées comme un bon mâle dressé. Laisse sortir. Plus vite ça sort, plus vite tu retrouveras la joie. Accepte. Pas juste mentalement. Avec tout le corps. Avec conviction. La conviction qui fait chialer, hurler. C’est organique. Le corps sait faire. Laisse-le faire. Puis, une fois fait, inspire au soleil. Sens sa caresse sur ta peau, le souffle du vent. La vie qui est, qui passe. Il en reste un bout. Tu ne vas pas traîner tout cela pendant le bout qui reste. Tu crois qu’il est nécessaire de ne plus la voir pour passer l’étape. C’est faux. C’est plus dur. Mais, cher enfant, si tu étais fait pour les choses faciles, tu ne serais pas là où tu es. Aie confiance en toi. Réancre-toi. Ma terre. Ma vie. Mon œuvre. Tu es tout cela. Laisse partir toutes les imperfections du passé. Respire. Inspire. Expire. Et chaque fois, laisse aller. Combien de fois inspires-tu par jour ? Combien de jours pour tout laisser partir ? Je te laisse faire le calcul ;)
Ta guide, qui t’aime même quand tu boudes.
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