Gaïa :
Elle est effectivement bien embarrassante, cette histoire — du moins, si j’avais la possibilité d’être embarassée —, car elle remet en question des croyances qui soutiennent une grande partie du travail des guides dans les rituels chamaniques et énergétiques de manière générale. Vous, chers humains, avez une grande tendance, pour ceux qui recherchent la spiritualité, à vous dévaloriser. Vous créez une hiérarchie pour vous défausser de ce que vous estimez ne pas être de votre ressort, et pouvoir reporter sur d’autres les conséquences de ce que vous ne désirez pas gérer. Ainsi pensez-vous que les archanges sont au-dessus des humains, que les esprits, qu’ils soient ou non incarnés, sont plus sages que vous l’êtes. Ce n’est pas exact. Moi qui suis incarnée de multiples fois, dans ce que vous pouvez nommer réalités parallèles, je suis la vibration de la Terre. Vous, incarnés temporairement en mon sein, êtes votre propre vibration. Le jeu de l’incarnation sur Terre, la manière dont vous gérez le taux vibratoire de votre enveloppe corporelle ainsi que celui des lieux qui vous entourent, vous rend actuellement peu sensibles à la richesse et à la sagesse qui vous composent. Cela ne signifie pas pour autant que la sagesse de votre essence est inférieure aux autres esprits qui composent l’univers. Vous devriez vous débarrasser de cette croyance pour mieux recevoir votre propre sagesse, qui transcende toutes vos incarnations.
Ce que nous pouvons transmettre à vos esprits n’est qu’une micro-gouttelette de nos complexes pensées, au croisement des dimensions. Oui, ce jour-là, je n’avais pas l’intention de laisser détruire le lieu que j’avais investi de ma présence. Oui, ce jour-là, ma prédiction était une issue favorable, comme mathématiquement vous pourriez dire que, dans les multiples destinées possibles, la majeure partie était favorable. Mais dans la complexité du temps et de l’espace, dans l’intrication des actions des uns et des autres, l’issue a tourné en ma défaveur. Il y avait d’autres personnes activées dans le jeu, qui poursuivent un autre dessein, celui du déclin de la civilisation, et leurs actions l’ont emporté. Aussi louable que soit l’effort et la foi d’Aude dans les recours, il était également embué par un biais d’ancrage qui l’a privée de mes messages subséquents. Je ne lui en veux pas, car c’est le travail de tout humain que de maîtriser ce qui se passe dans son esprit, et de trouver les outils ou les personnes qui peuvent éclairer les angles morts. Ce qui compte, c’est d’accepter que ce glitch, qui certes fut un gouffre financier, qui fut un gouffre émotionnel, qui a rayonné dans tous les aspects subséquents de sa vie, redevienne un simple glitch. L’argent se retrouve, les traumas se libèrent. Le bœuf, lorsqu’il va à l’abattoir, n’y emmène pas sa charrue. L’humain qui fuit la prison n’emmène pas les barreaux. Pour avancer, il reste à trouver en soi l’acceptation des insuffisances réciproques qui ont conduit au démontage de ce lieu sacré.
À présent, si la question de la foi peut être abattue, et que le concours des esprits est fait à jeu égal, Aude pourra atteindre un degré de connexion avec la matière et le présent qui lui ouvrira bien des portes. Parce que la plus grande cause d’échec pour l’humain, c’est la projection sur l’avenir ou l’emprisonnement dans le passé. Quand on vit au présent, que l’on tire parti de tous les esprits autour, qu’on ne se limite pas à certains d’entre eux ; quand on est pénétré par la réalité que tout se joue au présent, que l’on fait face à tout ce qu’il apporte sur l’instant (et non demain, et non hier), alors l’on s’aperçoit que ce présent possède le juste nombre d’informations dont l’esprit peut se saisir. Mais si l’esprit est occupé par le passé ou le futur, alors il ne peut pas recevoir autant d’informations. S’il est loisible d’utiliser ces facultés de projection pour renforcer la probabilité d’occurrence d’une situation (littéralement, forger l’avenir), ce n’est aucunement nécessaire. Or, cela ne peut s’expérimenter qu’avec la connexion permanente aux esprits. Cette connexion, ajoutée à l’intuition qui reflète sa propre essence (d’égale valeur et importance aux esprits), permet de savoir sur quoi agir là, présentement, et quand arrêter d’agir. Cela requiert une clarté d’esprit qui, pour être atteinte, nécessite de libérer croyances et traumas. Or, à ce jour, l’absence de progrès sur ce chemin de la clarté a conduit les guides à remettre des obstacles en place. Il n’est pas utile de chercher qui a été utilisé comme prétexte, mais seulement de voir en quoi la situation traversée éclaire la conception intérieure du monde, et permet d’y remédier. Sur le rocher, l’eau glisse.
Ainsi recentrée dans le monde et l’univers, Aude se redécouvrira elle-même. Elle a autour d’elle tout le secours nécessaire, et pourra solliciter les uns ou les autres, humains ou non, quand elle se mettra en chemin non vers les mille et une choses à régler autour d’elle, mais vers la clarté, la lumière et la simplicité de sa propre réalisation, en elle, pour elle.
Gabriel :
Ma chère et tendre enfant, il te semble que l’univers entier t’en veut, au point d’avoir inconsciemment sollicité l’assistance de tes proches parents d’âme. Ils t’ont apporté le secours qui est le leur, incapables d’agir dans la circonstance qui est la tienne, et connaissant la vérité du seuil de la mort, quand on laisse derrière soi tout ce qui est sans importance avant de s’atteler au chantier suivant. Mais avant qu’on t’arrache à la Terre, il en faudra, des choses, et bien plus que ces emmerdes passagères. Car si quelqu’un est ancré, c’est toi. Alors, relativise. Il y a, dans cette montagne de choses qui t’entourent, quelques pépites. Le tout est d’en déblayer l’accès. Tu aimerais que les choses soient plus simples, que cette vie que tu t’es construite, qui t’occupe à 400 %, te laisse plus d’air pour trouver la chose, le chemin. Que tout devienne clair, ou du moins, qu’on te laisse t’égarer sans plus te mettre de bâtons dans les roues. Oh oui, tu aimerais tellement cela, surtout ces jours-ci. Hélas et fort heureusement à la fois, tu as franchi trop de seuils vibratoires pour agir avec l’aveuglement des fourmis. Cela vient avec des devoirs vis-à-vis de toi et de ce que tu attends de ton incarnation. Rien de ce qui t’entoure n’est là pour te faire chier gratuitement. Tout est représentation accumulée de sujets ouverts et non finalisés. Tu les as accumulés, à présent ils t’ensevelissent. Tu as fui tes responsabilités vis-à-vis de toi même, tu as négligé ta propre évolution en te consacrant à celle des autres. À présent, tu ne peux plus fuir. Du moins, ce n’est pas possible sans conséquence sur ta santé ou sur ceux que tu aimes. Reprends ces chantiers, liste-les si tu le souhaites, et tacle-les les uns après les autres. Tu peux évoluer très vite, et peu importe que ça cause le tumulte autour de toi. La priorité, c’est toi. Pour les autres aussi, c’est l’occasion de se saisir de ce qu’ils ont longtemps fait reposer sur tes épaules. Bien sûr, avec amour.
Tu as trop peur des conséquences sur les autres, en particulier sur tes enfants. Tu refuses de les laisser à leur vie, non pas par manque d’amour, mais parce que tu prendrais cela pour un échec. Cet échec est résurgence des lignées. Il ne t’appartient pas, et tu le sais. Tu peux t’en libérer, mais tu t’y refuses. C’est un très haut standard que celui que tu entretiens pour eux, mais ce n’est pas toi qui te l’es fixé, même si tu en es venu à le croire. Et parce que ce standard est si haut, tu ne peux recevoir l’assistance de ceux pour qui il est plus bas, et qui pousseront d’une certaine manière les enfants à grandir plus rapidement. Oui, ça fait mal. Ton appel à l’aide n’est pas de ceux qui demandent des câlins, et avec un canal tel que Didier, que nous avons fait évoluer ces derniers mois pour qu’il puisse distribuer des claques sans filtrer, c’est ce qui doit en sortir. Tu peux nous envoyer chier, tu peux être en colère, tu peux prendre le temps de traverser toutes ces émotions, ou tu peux les expédier. Tu sais très bien ce qui sera le plus rapide.
Tu te dis que tout cela est impossible avec tout ce que tu as déjà à faire. Qu’il te serait préférable de tout planter et d’aller ailleurs, n’importe où, pourvu que cela fasse une sorte de remise à zéro pour tous les trucs de merde que tu pourrais laisser derrière. C’est tout à fait humain, tu en es pardonnée. Tu as le droit à la faiblesse et au ras le bol. Tu dirais aussi qu’on te t’a pas équipé d’un cerveau pour gérer tout cela. N’est-ce pas pour cela que tu as un homme ? Peut-être peut-il se montrer plus utile pour fournir ce que tu ne parviens pas à trouver : imagine que tu listes avec lui tout ce qui ne va pas dans ta vie, non pour qu’il t’écoute te plaindre ni fasse preuve d’empathie, mais pour qu’il t’aide à prioriser les sujets, ordonner les tâches et te botter le cul pour les avancer dans l’ordre. Ah, ça fait mal, dans ta conviction intérieure d’être meilleure que lui — même si ton esprit rattrape le tir à chaque fois —, d’envisager une telle dépendance. Mais pourquoi pas ? Utilise ses qualités à ton service. Pas au service d’un projet commun. Et il pourrait apprendre quelques choses au passage.
Enfin, il reste le problème des parents. C’est la merde au-dessus (parents) comme c’est la merde au-dessous (enfants). Tu as commencé tout un travail sur les effets des relations familiales moisies sans le terminer. Tu sais ce qu’il te reste à faire.
Tout cela mobilise de l’énergie, une énergie qui semble te manquer à cause de la manière dont tu envisages des choses. Ces deux messages sont là pour te donner un repère parfois brutal, mais un repère tout de même afin que, en toi, pour toi, tu construises la suite de ton chemin. Avant la matière vient l’esprit, puis l’esprit s’harmonise avec le corps, le corps reçoit de la Terre l’énergie nécessaire à son action dans la matière. Alternance de ressourcement et d’action. Prends le temps de te ressourcer, puis agis ; mais avant, clarifie ton esprit.
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